Le 8 mai, la paix
Par Yvon VENTADOUX le vendredi, mai 8 2009, 19:47 - Europe Ecologie - Lien permanent
Un jour viendra où les armes vous tomberont des mains, à vous aussi ! ...
Un jour viendra où vous France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous constituerez la fraternité européenne, ...
Un jour viendra où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes, par le suffrage universel des peuples, ...
Un jour viendra où l'on verra (...) les États-Unis d'Europe ...
(Victor Hugo (1802-1885) ; Discours prononcé le 21 août 1849 lors du Congrès de la paix)
Aujourd'hui, comme chaque année, je suis allé à la cérémonie du souvenir, en mémoire de l'acte définitif de la capitulation de l'Allemagne nazie, signé à Berlin dans la nuit du 8 au 9 mai 1945.
Pendant que se déroulait la manifestation, solennelle et empreinte d'émotion, avec la lecture de textes par les enfants, les dépôts de gerbes et de bouquets, je ne pouvais m'empêcher de penser à Victor Hugo.
Ce très grand homme, ce génie, poète, romancier, dramaturge fut aussi un visionnaire à qui l'on attribue l'expression pour la première fois des "États Unis d'Europe". Ses appels à la paix et a la fraternité ne permirent pas d'éviter la guerre de 1870, puis les deux guerres mondiales le siècle suivant : bains de sang, de souffrances et de morts.
Alors ce vendredi 8 mai 2009, je me sens l'âme heureuse : depuis maintenant 64 ans nos peuples fratricides ont fait taire les armes pour s'unir progressivement dans un ensemble de maintenant 27 État membres ...
La paix et l'Union, Victor Hugo serait fier de nous.
Bêtise de la guerre
Ouvrière sans yeux, Pénélope imbécile,
Berceuse du chaos où le néant oscille,
Guerre, ô guerre occupée au choc des escadrons,
Toute pleine du bruit furieux des clairons,
Ô buveuse de sang, qui, farouche, flétrie,
Hideuse, entraîne l'homme en cette ivrognerie,
Nuée où le destin se déforme, où Dieu fuit,
Où flotte une clarté plus noire que la nuit,
Folle immense, de vent et de foudres armée,
A quoi sers-tu, géante, à quoi sers-tu, fumée,
Si tes écroulements reconstruisent le mal,
Si pour le bestial tu chasses l'animal,
Si tu ne sais, dans l'ombre où ton hasard se vautre,
Défaire un empereur que pour en faire un autre ?
(Victor Hugo, recueil : L'année terrible)