LES CHIFFRES, LES TERRITOIRES ET LES HOMMES QUI Y VIVENT

Souvent, trop souvent, l'art de faire de la politique consiste à juger les projets, non sur leur pertinence, mais en fonction de la personnalité de ceux qui le portent.

Ainsi la position, pour ne pas dire la posture de l'actuelle opposition municipale villeneuvoise sur l'éventuelle réouverture de la liaison ferroviaire Villeneuve-Penne en est la parfaite illustration. Or, les temps ne sont pourtant pas si lointains où un consensus politique local s'était réalisé autour de ce projet.

On pourra toujours nous rétorqués "qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis" : facile la pirouette !! Mais pas aussi perspicace que ça. Et ce, d'autant plus que depuis le lancement de cette initiative des éléments inquiétants sont venus apporter des raisons supplémentaires à son crédit. Crise écologique, changement climatique avec leurs conséquences négatives sur l'économie globale.

Et puis, nous pensions, un peu naïvement sans doute, que le Grenelle de l'environnement initié par leurs amis politiques avait fait évoluer les mentalités. Apparemment il n'en est rien !!

En désespoir de cause, on agite des chiffres, on aligne des millions d'euros sans trop en connaître l'origine ni hélas la motivation de leur soudaine publication. Les chiffres sont souvent à la source de manipulations très très subjectives.

Tout le monde, et les élus en particulier devrait savoir qu'un bilan financier comparatif entre le rail et la route est impossible à établir. Les charges budgétaires - investissement et fonctionnement - du rail sont transparentes et clairement identifiées. Il n'en est pas de même des conditions du financement du réseau routier qui externalise une partie importante de ses coûts. Et fait supporter à l'ensemble de la collectivité sa surcharge énergétique, sa consommation d'espaces et les effets dévastateurs sur l'environnement et les conditions sanitaires.

La situation socio-économique du villeneuvois mériterait une autre volonté politique dans la diversification des choix des moyens de transport.

Les Verts n'ont pas de clientélisme à satisfaire, ce qui explique peut être notre relative faiblesse électorale, mais nous donne tellement de force et de liberté pour exprimer des convictions qui relèvent du simple bon sens anticipatif.

Au delà des chiffres réels ou fictifs, il y a des territoires et des gens qui y vivent.

Il y a l'avenir de la planète qui dépend de chacun de nous dans nos comportements individuels et nos actions collectives. C'et le sens que nous entendons donner à ce combat que nous menons depuis vingt ans pour l'aboutissement de ce projet qui s'inscrit dans la modernité du XXIème siècle.

                                                                          Pour les Verts, le 13/04/2009, Pierre MARIEU

PS : le renfort inopiné apporté aux opposants par une pseudo-association de défense des contribuables - moins regardante sur d'autres financements publics - ne peut qu'apporter une touche de populisme dans le contenu du rejet réduit à de simples considérations comptables.